Sont présentées ci-dessous les races françaises de canards avec un standard.
On trouvera d’ailleurs le standard complet dans le recueil édité par la FFV : voir le site Livres et standard.
Mais d’autres canards français, sans standard, existent.
Les gens intéressés par ces races oubliées peuvent se procurer l’ouvrage Ces races de volailles françaises qui n’existent pas…, voir le site Livres et standard.

  Le canard Cou-nu
Cette race est due à une mutation apparue en 1992 dans l’élevage de Pierre Delambre, à Clamart ; elle a été ensuite sélectionnée par Jean-Claude Périquet à Gincrey (Meuse). Voici ce qu’écrit Pierre Delambre :  » En 1992, dans une nichée de Colverts, j’eus la surprise de trouver 3 canetons pas comme les autres. En effet, ceux-ci paraissaient arborer un gène peu connu chez les palmipèdes, puisqu’il s’agissait du facteur « cou-nu ». Après une croissance effectuée sans problème, j’étais à la tête d’un beau trio de canards cou-nu, dont une femelle à la livrée isabelle…  »
M. Delambre essaya, l’année suivante, de faire reproduire ces canards. En vain :  » J’ai pourtant tout essayé, en les changeant plusieurs fois d’enclos et de nourriture, mais rien n’y fit !  »
Il confia donc ces canards à Jean-Claude Périquet dont suit le témoignage :  » J’ai laissé ensemble ces animaux, mais les oeufs n’étaient pas fécondés. Alors j’ai placé les canes cou-nu avec un mâle Colvert et le mâle cou-nu avec des canes Colvert. Les jeunes obtenus étaient tous d’apparence Colvert ; aucun cou-nu. Ce qui me fait supposer que le gène cou-nu est récessif. À partir de ces sujets de première génération, j’ai pu obtenir mes premiers canards cou-nu. Pour la reproduction 1998, j’avais 15 sujets (8 mâles et 7 femelles) qui ont reproduit ensemble. »
Un projet de standard du canard Cou-nu a été établi par Jean-Claude Périquet, et 4 sujets (conformément à la réglementation en la matière) ont été présentés pour la première fois à l’exposition internationale de Metz, en novembre 1997, dans le but d’une homologation. Cette homologation a été effective en février 2002.
Cette race offre plusieurs caractéristiques uniques chez les canards : cou, tête et abdomen partiellement dénudés, tarses et doigts dépourvus d’écailles, rémiges et croupion atrophiés.
Le canard pèse 1,2 kg et la cane 1,1 kg ; les oeufs, de 50 à 60 g, possèdent une coquille de couleur verdâtre.

Le canard d’Estaires
Le Nord, outre une poule et un canard de Bourbourg, connaît une poule et aussi un canard d’Estaires. Créé probablement à partir du canard de Pékin, ce canard vivait sur les bords de la Lys, rivière qui passe à Estaires. Il n’a jamais eu un grand développement en dehors de sa région d’origine, et est devenu assez rare de nos jours.
Il a la même forme que le canard de Bourbourg mais est moins gros (2,3 kg pour les deux sexes) ; autres caractéristiques : rustique, précoce ; bonne ponte ; chair un peu moins fine que celle du Bourbourg.

Le canard de Bourbourg

Originaire, comme la volaille du même nom, de la ville de Bourbourg, ce canard n’a jamais connu un réel développement en France en dehors de sa région d’origine où il faisait l’objet d’un grand commerce.
Il est apparu vers la fin du XIXe siècle, à partir du canard de Mertchem (Belgique) et du canard Aylesbury (Angleterre), pour quasiment disparaître vers le milieu du XXe siècle. Actuellement, plusieurs éleveurs sélectionnent à nouveau cette race. Attention à ne pas le confondre avec d’autres canards blancs. Son standard a été établi en 1924.
Ses principales caractéristiques sont : corps massif, large, presque horizontal et bien en chair bec blanc rosé ; tarses jaune orangé ; yeux foncés ; plumage blanc.Masse : canard 3,2 kg et cane 3 kg.

  Le canard de Challans
Sous le règne du roi d’Espagne Philippe IV (1621-1665), de nombreux exilés se fixent en France, en particulier dans la région des marais bretons et vendéens. Ils se mettent à assécher l’ancien golfe et à le transformer en une sorte de polder. C’est ainsi que débute l’élevage du canard de Challans et que depuis le début du XVIIIe siècle la ville de Nantes est approvisionnée en canards de chair.
Voici les grandes lignes de la méthode ancestrale d’élevage. Les reproducteurs sont libres d’aller de la cour de la ferme aux canaux. Sur les berges des canaux sont disposés des nids en jonc en forme de cône. Les canes sont fécondées par les canards de l’élevage, mais aussi par les canards sauvages de passage. Les canetons éclos sont soit laissés à la cane, soit confiés à une poule naine. Lorsqu’ils sont plus âgés, les canetons trouvent, en plus de la nourriture apportée par l’éleveur, des chenilles, insectes, larves, limaces, escargots, têtards. Vers 8 semaines, ils sont enfermés dans un enclos pour un engraissement intensif.

  Le canard Duclair
Canard originaire de Normandie, il porte le nom d’une ville de cette région. Il est issu de canards régionaux ; son standard a été établi le 11 novembre 1923.
Cependant, dans plusieurs pays européens, des races semblables sont reconnues sous des noms différents, comme le canard belge de Termonde, le canard Suédois et le canard de Poméranie (Allemagne). Ce qui est normal, car on obtient facilement des canards noirs à bavette blanche par croisements de canards genre Rouen et de canards noirs ou blancs. Il faut ensuite sélectionner les canards pour obtenir des sujets conformes au standard.
Le canard doit peser 3 kg, la cane 2,5 kg, les oeufs 70 g ; coloris de la coquille régulier, plutôt vert à bleuâtre.

  Le canard de l’Allier.

Sa région d’origine est le Bourbonnais et son ancêtre est, probablement, le canard anglais Aylesbury, mais son port est moins horizontal.
C’est un canard de belle taille (canard : 4 kg ; cane : 3,5 kg), très rustique, massif, trapu mais d’allure vive et dégagée, au plumage blanc sans taches ni reflets soufrés. Croissance rapide ; les canes ont une ponte précoce d’oeufs de 80 g à coquille blanche.

  Le canard de Rouen français

Ce canard est élevé depuis des temps immémoriaux dans la région de Rouen : c’est le canard Colvert amélioré par sélection dans le but de lui faire prendre du volume. On a ainsi obtenu des sujets de 3,5 kg. Cette sélection a surtout été faite dans les trente dernières années du XIXe siècle. Mais, en 1910, il était déjà supplanté par d’autres races. C’est alors qu’un éleveur nommé Garry entreprit sa régénération en vue de l’amélioration du volume : de 1910 à 1920, par croisements avec des canards Colvert et appelants, il obtint des sujets de 4,5 kg. On peut considérer Garry comme le véritable créateur du Rouen dont le standard adopté en 1923.
Le Rouen, dont la chair est particulièrement savoureuse, est un de nos meilleurs canards de rapport.
La cane pond des oeufs de 80 g minimum, à coquille verdâtre très clair.
Masse : canard 3,8 kg et cane 3,5 kg.

  Le canard de Vouillé
Le canard de Vouillé est originaire de la partie vendéenne du marais poitevin. Il y fut célèbre durant plusieurs décennies pour ses qualités gustatives.
Ce petit canard, de la taille d’un colvert, semble être, avec le canard de Rouen clair, l’ancêtre du canard de Challans. Il disparut presque face aux races intensives. Malgré cela, il survécut grâce à la chasse pour ses aptitudes comme canard appelant (appelé aussi Amassoire).
Masse du canard : 1,1 kg ; de la cane : 900 g.
Existe en deux variétés : noir bronzé, bleu bronzé
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